Baccara-épisode 1: la genèse

Au début des années 70, la chaîne de télévision espagnole TVE diffusait des programmes de divertissements entrecoupés de ballets chorégraphiés. Parmi les danseuses et danseurs de l’équipe, deux jeunes filles – la brune Mayte Mateos et la brune tendance rousse Maria Mendiola – étaient devenues des copines inséparables. Dans l’extrait suivant d’une émission de l’époque, on peut les apercevoir à l’écran en alternance, à l’occasion de quelques furtifs gros plans.

Ensemble, elles décidèrent de quitter leur premier emploi pour former un duo spécialisé en danses traditionnelles. Une première tentative sur la scène d’un night-club de Zaragoza, à l’Est de l’Espagne, fut écourtée pour raison d’incompatibilité avec le style de la maison. « Trop élégantes », leur a signifié la Direction… Fort de ce compliment qui leur fit néanmoins une belle jambe, elles migrèrent aux Iles Canaries et se firent engager à l’hôtel « Tres Islas » à Fuerteventura. Elles y assurèrent des prestations lors des soirées-spectacles, interprétant des chansons espagnoles en esquissant des pas de Flamenco. C’est là que le producteur allemand Leon Deane les repéra de ses yeux de chasseur d’étoiles montantes, un soir de l’été 1977. Il flaira immédiatement le potentiel des deux grâces au charisme ibérique. Ce fut la genèse de « Baccara » : un duo modelé par des producteurs allemands, propulsé dans le show-biz aux confins des années disco…

 Ce genre musical en était à la fin de son apogée dans un dernier élan festif mondial, à l’aube des premiers contre-courants punks annonciateurs de la déferlante new-wave. Outre-Atlantique, c’était le temps de Boney M, d’Eruption et d’Amii Steward. En Europe, on dansait au rythme de la vague « Euro-disco ». Karen Cheryl chantait en anglais toute de strass (dé)vêtue et Sheila se trémoussait en short pailleté fushia avec ses copains blacks, les « B Devotion ».

Mais il y avait encore un créneau et quelques années propices pour un nouveau duo original. Deux brins de fille du sud, un affriolant accent hispanique, des vocalises langoureuses, des jambes dénudées et des chorégraphies évocatrices mais jamais vulgaires, telle fut la recette d’un succès quasi immédiat. Les investissements dans les vêtements glamours étaient particulièrement importants : « à cette époque, la production payait l’équivalent de 3000 € pour chacune de nos tenues de scène» déclara Maria en 2004 dans un interview pour la télévision allemande (*)…

Oui Monsieur, je sais « boogie boogie » tout la nuit…

Le duo débuta sa carrière discographique avec le légendaire « Yes Sir, I can boogie », enregistré aux Pays-Bas. Un refrain d’autant plus racoleur que les chanteuses le susurraient avec une jouissance contenue et un sourire des plus démonstratifs quand elles précisaient  « all night long »… Un concept bien étudié, entre accent exotique, beats basiques et arrangements « easy listening » jalonnés de violons.

Le cocktail enivra les night-clubs d’Allemagne,  des Pays-Bas, du Royaume-Uni, de Belgique, de Suisse, de France et même d’Israël. Le titre fut consacré « meilleure vente de disques pour un duo féminin » dans l’édition 1977 du Guinness Book des Records. S’en suivit le single « Sorry I’m a Lady », du même acabit, au succès international plus ou moins marqué…

(*) interview complète :

Et puis arriva le Concours Eurovision de la Chanson… Comment le duo se retrouva-t-il sur la scène de l’événement européen de l’année? Pour quoi, pour qui et dans quel but? Enquêtes, investigations, révélations… par ici pour la suite de ce captivant feuilleton.

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