Politique, l’Eurovision? Non, mais c’est ce qu’ils voudraient…

« A part ça l’Eurovision c’est pas politique hein… ». Allez, c’est reparti pour un tour, et ça fait 61 ans que ça dure! A chaque édition c’est la même rengaine et ils ne s’en lassent pas, ceux qui, le petit sourire condescendant en coin, affirment que l’Eurovision est évidemmeeeeeent politisée, avec la conviction des détenteurs de la vérité sur l’origine de l’univers. Peace les gars. La vérité, c’est que l’Eurovision est tout sauf politique, mais qu’elle est malheureusement instrumentalisée. Tout comme les Jeux Olympiques et n’importe quelle compétition internationale.  La victime 2017: une chanteuse russe placée bien malgré elle dans un conflit peu glorieux alors que tout ce qu’elle demandait c’était de chanter.  Remise des pendules à l’heure avant le retour aux vrais sujets eurovisionnesques, n’en déplaise à ceux qui prennent toujours tout au sérieux. Parce  qu’en vérité, l’Eurovision c’est que de la musique, de la teuf et de la légèreté entre gens qui s’aiment…

Chaque année, les votes de l’Eurovision sont prétextes à affirmer que « ce Concours est truqué« . Grand amateur de géo-politique, le très mondain Stéphane Bern ne se prive pas pour faire un (très facile) raccourci entre votes de l’Eurovision et influences politiques. La Russie donne 12 points à la biélorussie? C’est politique! Chypre donne 12 points à la Grèce? C’est politique! Personne ne donne de points à la France? C’est politique, nous n’avons pas d’alliés nous, Môssieur!

Ah bon? Et comment se fait-il qu’Amir a réussi à se hisser en 6ème position l’année passée? Le fait que tout d’un coup la France s’est fait de nouveaux amis, ou tout simplement le fait qu’une fois n’est pas coutume, la France a envoyé un bon produit?

Influences politiques ou affinités culturelles? Nuance!

Depuis 1956 – année du tout premier Concours – les pays germaniques s’échangent des « 12 points », et il en est de même pour la péninsule ibérique, les pays scandinaves, les Balkans…  C’est un fait, ça a toujours existé. De là à prétendre que ce sont des votes « politiques »… Eh bien non, n’en déplaise aux Stéphane Bern en herbe, ce ne sont pas des influences politiques, mais bien des affinités culturelles. La nuance est de taille!

Et finalement, quoi de plus normal? Les pays latins sont plus sensibles aux mélodies méditerranéennes que les Russes, les australiens préfèrent  la pop anglo-saxonne et les arméniens les consonances orientales… Et alors? A chaque région du monde sa tendance, au final tout s’équilibre et il n’en reste pas moins que le vainqueur reste le meilleur… La voilà, la réalité!

Mais les médias adorent provoquer les polémiques, ré-agencer les « infos » et créer des titres ultra-racoleurs . Et surtout, casser la réalité d’un concours qui les énerve tellement avec son côté « Bisounours »… Eh oui, ça les irrite, cette mission de promouvoir la diversité par le biais de la variété internationale. Parce qu’ils considèrent que les initiatives bien intentionnées, ça n’existe pas et qu’il faut toujours aller chercher la petite bête…

Russie 2017: instrumentalisation de l’Eurovision

Leur guilty pleasure de cette année: le (bien peu reluisant) « conflit » autour de la chanteuse russe, interdite de séjour en Ukraine pour avoir donné un concert en Crimée après l’annexion de ce territoire par la Russie.

« Et on va encore nous dire que l’Eurovision c’est pas politique hein, ben tiens, hahaha… » (n)arguent-ils aujourd’hui, bien-sûr toujours en omettant de faire la distinction entre Eurovision et instrumentalisation…

Il est révélateur de constater que cette histoire politique en marge de l’Eurovision circule surtout chez les profanes du concours. Ceux-là même qui n’ont aucune idée des aspects artistiques de l’événement et qui demandent « tiens au fait c’est qui pour la Belgique cette année? Un flamand ou un francophone? »… Ah ben oui tiens, sous-entendons aussi un conflit potentiel entre nos deux communautés, tant qu’à faire…

S’ils regardaient les finales nationales retransmises par Internet d’octobre à février, s’ils venaient assister aux concerts pré-Eurovision organisés à Londres, Tel Aviv, Amsterdam et Madrid de mars à mai, s’ils venaient aux fêtes organisées par les fans, s’ils se rendaient sur les lieux du Concours pendant la semaine des deux demi-finales et de la grande finale, ou s’ils faisaient au moins le petit effort d’écouter ne fut-ce-que la chanson de leur pays, ils comprendraient combien ils sont hors sujet avec leurs histoires de politique.

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L’Eurovision, c’est un Concours international de chansons, suivi par des gens du monde entier qui en profitent pour se retrouver et festoyer ensemble dans un esprit de fraternité. A l’Eurovision, on chante, on danse et on s’embrasse entre citoyens des quatre coins du globe. A l’Eurovision, on se prend dans les bras entre espagnols et ukrainiens, suédois et israéliens, russes et australiens, chypriotes et français, grecs et portugais, belges et hollandais, flamands et wallons.

Et vous savez quoi? Si les russes ne participent pas cette année, on ne va pas en faire une affaire d’état. Même si on pense fort à nos amis de là-bas. Un pays en moins pour célébrer la diversité, c’est certes dommage mais quarante-deux chansons sur les quarante-trois initialement prévues, c’est déjà pas si mal.

Et maintenant revenons-en aux choses positives: peace, love, mettons un peu de lumière dans nos vie et recentrons-nous sur notre karma ❤

2 réflexions au sujet de « Politique, l’Eurovision? Non, mais c’est ce qu’ils voudraient… »

  1. Je reviens sur mon commentaire et sur l’article. Hier j’ai eu la chance d’assister à la projection en avant première d’un documentaire qui sera diffusé sur Arte (France) le vendredi 12 mai et parlant de l’aspect politique de l’Eurovision. La première parti de ce reportage est vraiment très intéressante. Il y est expliqué que l’eurovision sert souvent pour passer des messages politiques.
    Bien sur on est là pour faire la fête mais certains choix de chansons sont là pour faire passer des messages ou prendre position. Il y est évoqué la Révolution des œillets, la guerre des Malouines, la chute de l’ex URSS, le combat en faveur des droits LGBT, ETC.
    Je ne sais pas si en Belgique il est possible de voir arte mais vraiment c’est à voir.
    Après j’émettrait une réserve sur la seconde partie du documentaire qui dérive un peu sur le coté un peu kitch voire ringard et sur « Mon dieu mais l’Eurovision c’est GAY » qui pourrait irrité quelques uns d’entre nous mais vraiment la première partie vaut le coup d’œil.

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